Un autre que moi

Bernard Friot

Dans ce court récit, Bernard Friot livre ses souvenirs d’adolescent, alors qu’il était interne dans un lycée, menant une vie grise et banale. Son introspection retrace la solitude du pensionnaire qui redoute l’hostilité, voire le simple regard des autres. Il refuse de participer aux activités, aux jeux de ses camarades, pour lesquels il essaye de se rendre invisible. Le retour à la maison n’est même pas un moment attendu par le garçon qui devient de plus en plus indifférent à sa famille. Mal dans sa peau, il se sent trop gros, lourd et rigide dans ses vêtements bleu marine, tandis que les autres adolescents portent des blousons décontractés. Il rêve de la mort et s’enfonce dans le sommeil comme un échappatoire. Seules la littérature et la lecture à voix haute lui procurent une émotion qu’il prend soin de cacher. L’âge adulte est-il encore loin ? Ce texte magnifique est empreint d’une grande tristesse. Tant par la beauté de son écriture que par les sentiments exprimés, ce roman s’avère très réussi. Trouvera t-il un écho chez les jeunes d’aujourd’hui ? Les lecteurs d’Histoires pressées seront surpris de la gravité et du ton inhabituel de l’auteur. À conseiller aux bons lecteurs, à partir de 16 ans.

Cécile Robin-Lapeyre

 

À signaler, la parution de trois autres titres : dans Hé petite !, Yaël Hassan parle de sa petite taille sur le mode humoristique ; dans Confessions d’une grosse patate, de Susie Morgenstern, il est question d’amour et d’obésité ; Anne Castries décrit l’adolescence comme un emprisonnement dans Une adolescence douce-amère.

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