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Un Gentil Orc sauvage

Théo Grosjean

Oscar est un jeune orc moderne qui vit de façon civilisée. Le jour où une bande d’orcs sauvages attaque son village, il tente de lancer l’alerte, mais personne ne le croit ; les habitants sont décimés. Dans sa fuite, il doit échapper aux monstres et aux milices, mais se heurte surtout au mépris, à l’indifférence, voire à la cruauté de ceux à qui il demande de l’aide. Accompagné d’une princesse aux coups de poing redoutables, Oscar cherche le « paradis vert » où se réfugient les orcs modernes victimes du conflit. Mais cette oasis idéalisée s’avère être un bidonville à peine protégé par la ville voisine. Là, Oscar finit par rejeter à son tour ceux qui viennent s’y abriter, par peur de voir s’écrouler le peu de stabilité qu’il a acquise.

Cette bande dessinée en noir et blanc, aux cases fournies mais au trait parfaitement lisible, se situe quelque part entre Le Donjon de Naheulbeuk et Game of Thrones. Le récit adopte en effet un humour noir souvent grinçant, parfois absurde, et fait ressentir au travers de la parodie de fantasy toute l’horreur que subissent les réfugiés de guerre. On retrouve également les flots d’hémoglobine et les nombreuses morts propres à l’œuvre de George R.R. Martin. Mais plus que l’aspect sanglant, c’est la tonalité tragique qui rappelle la série. D’espoirs brisés en combats perdus d’avance, cette course haletante ne laisse aucun répit à son lecteur. Le récit dépeint aussi comment la part animale d’Oscar, qui prend peu à peu le dessus, l’aide à surmonter les épreuves tout en faisant de lui un être insensible. À la fois drôle et glaçant, le récit ne livre aucun message clair sur les migrants. Il montre seulement comment la violence infligée aux victimes peut les transformer en bourreaux. Un ouvrage à réserver aux lecteurs avertis, capables de faire preuve d’esprit critique.

Christelle Gombert

Cette bande dessinée drôle et caustique part d’un postulat intéressant pour traiter des migrants : une civilisation d’orcs retombe aux mains de « barbares extrémistes ». Le développement de l’intrigue semble parfois hâtif, laissant de côté certains arcs narratifs en chemin. La fin ambigüe peut laisser perplexe au vu du sujet traité, surtout à destination des jeunes lecteurs. Quant au personnage central, il finit par ressembler à ceux qui l’ont fait souffrir… Déprimant ?

Aude Biren

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