Waterloo Necropolis

Mary Hooper

Londres, 1860. Orphelines, Grace et Lily doivent se débrouiller seules pour survivre. Lorsqu’elles sont expulsées du taudis qu’elles louent, Grace est contrainte de se tourner vers la famille Unwin, rencontrée dans une institution de charité alors que la jeune fille se débarrassait de son enfant mort-né. Elle devient alors « pleureuse d’enterrements » (la famille Unwin est à la tête d’une florissante entreprise de pompes funèbres), tandis que Lily, simple d’esprit, reçoit une formation pour devenir domestique. Mais la générosité des Unwin cache un plan machiavélique : ayant découvert que Grace et Lily sont en fait de riches héritières, ils sont prêts à tout pour les dépouiller. Waterloo Necropolis, du nom de la ligne de chemin de fer reliant le cœur de Londres au cimetière de Brookwood, est ancré dans un contexte insolite pour la littérature jeunesse, celui des pompes funèbres ; rien de morbide cependant, mais une restitution très documentée du Londres victorien (intéressantes précisions historiques en fin de volume). Le lecteur découvre ainsi moult détails amusants sur l’époque, par exemple les « métiers » aussi fantaisistes que malhonnêtes pratiqués par les plus défavorisés, qui rappellent les personnages d’Oliver Twist. Waterloo Necropolis dénonce également les difficultés rencontrées par les plus pauvres, et notamment les femmes, dans la société victorienne. Grace et Lily, malgré une fin en forme de « happy end », ne sont pas épargnées au long du roman. Grâce à l’imbrication de différentes intrigues et à une écriture au rythme haletant, Mary Hooper plonge ses lecteurs dans un roman à suspense très réussi.

Cyrielle Bonnot

 

Autre avis : Mary Hooper, avec La Messagère de l’au-delà (2008, voir LJ n° 126), paru aux éditions Panama (anciennement Les Grandes Personnes), décrivait l’Angleterre victorienne en portant un regard sans complaisance sur une société fortement clivée. Ici, en partant du même contexte historique, l’auteur livre un roman remarquablement construit mais d’un « classicisme » sans surprise et dont le dénouement – relevant du conte ou de la fable – ne séduira, il me semble, que les plus « sages » des adolescent(e)s.

Anne Clerc  

Réseau de lecture : Pour suivre l’actualité de l’auteur, nous vous invitons à consulter son site Internet : http://www.maryhooper.co.uk/. Les lecteurs pourront prolonger leur découverte de l’Angleterre victorienne par les œuvres d’un auteur classique de la littérature anglaise, Charles Dickens (d’ailleurs mentionné dans le roman). Les deux romans de Marie Desplechin, Séraphine et Satin Grenadine (École des Loisirs), restituent cette même époque et les difficultés d’y être femme, mais à Paris cette fois-ci.

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