Zarbie les yeux verts

Joyce Carol Oates

Francesca s’est donné un surnom, « Zarbie », depuis l’agression contre laquelle elle s’est défendue avec rage. Une autre sorte d’autodéfense l’empêche d’admettre la réalité trop douloureuse, lorsque sa mère voile sous une écharpe et des manches longues les stigmates de la violence conjugale. C’est que la famille de Francesca incarnerait presque le modèle parfait de l’American way of life. Le père beau et riche, ex-star du football américain reconverti en présentateur sportif, leur procure une vie facile dans une grande maison à l’architecture contemporaine. Le problème viendrait plutôt de la mère, refusant peu à peu le rôle de faire-valoir de son mari pour vivre sa propre existence. Elle souhaite s’accomplir en tant qu’artiste et nouer des relations sincères. Elle est pour l’heure méprisée par son mari et incomprise par ses filles qui se sentent délaissées. L’atmosphère s’alourdit au fil des pages, le drame est inéluctable. De ce terrible suspense psychologique – rappelant celui des romans de Patricia Highsmith – le lecteur ne sort pas tout à fait indemne : ce grand roman est à conseiller vivement aux lecteurs matures. La fin, aussi dure soit-elle, est positive pour Francesca qui a choisi de vivre et de lutter en protégeant sa petite sœur.

Cécile Robin-Lapeyre

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