Zéro pour l’éternité, T.1

Naoki Hyakuta & Ill. de Souichi Sumoto
Coup de ♥ 2013  

Brillant étudiant, Kentarô échoue à tous les concours et ne cherche pas de travail. Face à son désœuvrement, sa sœur lui propose d’enquêter sur leur grand-père – un des aviateurs kamikazes, mort dans une des attaques suicides qui eurent lieu entre 1944 et la fin de la guerre. Au fil des témoignages, l’image du glorieux combattant se fissure. Kentarô et sa sœur se posent bien des questions sur l’Histoire officielle, le devoir de mémoire, le sens de l’honneur et du sacrifice, mais aussi sur eux-mêmes. Ce manga subtil et passionnant s’articule autour de nombreuses problématiques : qu’est-ce qu’un héros ? N’est-il pas normal de tenir à la vie, même quand on est voué − inutilement − à la mort (seuls 10 % des kamikazes touchaient leur cible) ? Quelles répercussions ce passé, qui reste très tabou au Japon, a-t-il eu sur les générations suivantes ? Les personnages, finement évoqués, sont attachants et émouvants. L’un des plus poignants est un camarade du grand-père, qui ne se pardonne pas d’avoir survécu alors qu’il voulait mourir pour son pays. Un petit glossaire donne quelques explications bien utiles ; on apprend ainsi que le « Zéro » est le plus connu des chasseurs japonais et que les rares survivants kamikazes ont été traités comme des parias dans le Japon d’après-guerre. Les dessins, classiques et accessibles aux non-initiés aux mangas, redoublent d’inventivité graphique quand il s’agit d’évoquer les combats aériens. Ces cinq tomes, tirés d’un roman best-seller au Japon, vont faire l’objet d’une adaptation cinématographique. Par la richesse et la variété des termes abordés, ce titre pourra plaire tant aux adultes qu’aux adolescents. 

Soizik Jouin

0 Commentaire

This site is protected by wp-copyrightpro.com