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Interdire les réseaux sociaux aux adolescents pour sauver la lecture ? Une équation plus complexe qu’il n’y paraît

Par Agathe Franck


Année de publication 2026
Format Article
Thème Lecture, Ecriture
Mots-clés Citoyenneté, Réseaux sociaux, Sujets de société

Interdiction en France

Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : l’intention de protéger les jeunes fait consensus, et l’on pourrait croire qu’elle ne peut, par la même occasion, que profiter à leur rapport à la lecture et à l’écriture. Entre la censure du Conseil constitutionnel, les premiers résultats mitigés de la loi australienne et des recherches tendant à montrer que les pratiques numériques des jeunes nourrissent souvent leur littératie plutôt qu’elles ne la fragilisent, cette idée reçue mérite d’être interrogée.

Récemment, la France s’est engagée dans une bataille législative pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. L’idée avait déjà fait son chemin internationalement, avec, fin 2025, une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans mise en vigueur en Australie et une résolution non contraignante proposant un âge minimum européen de 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux sans autorisation parentale. En France, le Parlement a approuvé fin juillet 2026 une proposition de loi prévoyant d’interdire les réseaux sociaux (notamment Snapchat, TikTok, Instagram Facebook et X) aux moins de 15 ans. Cette interdiction devait entrer en vigueur le 1er septembre 2026 mais a été censurée par le Conseil constitutionnel mi-août[1], qui a indiqué les conséquences du dispositif sur la vie privée ainsi qu’une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression[2]. Emmanuel Macron a aussitôt chargé le gouvernement de retravailler une version « juridiquement robuste » du texte, dont l’ambition reste, selon l’Élysée, d’aboutir avant le printemps 2027. Le débat reste donc ouvert, non pas sur l’importance de protéger les jeunes en ligne, qui fait consensus, mais sur la manière de le faire. Un présupposé reste toutefois rarement questionné dans ce débat : celui selon lequel une interdiction des réseaux sociaux ne pourrait qu’être bénéfique au rapport des jeunes à la lecture et à l’écriture, un postulat que les résultats de la recherche invitent à nuancer.

Un coup de baguette magique

Les discours alarmistes propagés dans les médias, souvent friands de paniques morales autour des nouvelles technologies[3], occultent en réalité la nuance nécessaire à la mise en place d’une stratégie efficace. Sans minimiser les risques associés à l’utilisation extrême des réseaux sociaux (sédentarité, fatigue, cyberharcèlement…), des méta-analyses tendent à montrer que les conséquences supposées ne sont généralement pas de l’ampleur indiquée et sont souvent des aggravations de symptômes préexistants[4]. Par exemple, faire des réseaux sociaux la seule cause de la dégradation de la santé mentale des jeunes permet de proposer une solution simple (leur interdiction) à un problème plus vaste et complexe, alors qu’il est de plus en plus montré que les réseaux sociaux ne font que révéler et amplifier une crise déjà existante (causée par les inégalités, la précarité croissante, l’incertitude économique et celle de l’emploi, l’écoanxiété…)[5].

Une loi qui déresponsabilise les plateformes

Un autre écueil de cette approche par l’âge est qu’elle déplace, une fois encore, la responsabilité vers les familles et les jeunes eux-mêmes, tout en laissant les plateformes largement hors du champ de la loi. Or Meta est actuellement accusée d’avoir conçu Facebook et Instagram comme des environnements propices à l’engagement compulsif chez les jeunes, et d’avoir collecté les données de mineurs de moins de 13 ans sans le consentement de leurs parents[6]. Cela n’est que le dernier épisode d’une longue série concernant les abus des géants du web, particulièrement envers les jeunes[7]. Fixer un couperet à 15 ou 16 ans ne change rien à l’architecture attentionnelle de ces services ni aux pratiques de collecte de données qui les sous-tendent : c’est la conception même des plateformes, et non le seul âge de leurs utilisateurs, qui devrait être interrogée. Par ailleurs, tous les adolescents n’ont pas besoin d’un accompagnement identique : ils présentent des niveaux de développement très différents, et le cerveau adolescent n’est pas « figé » à un âge précis, qu’il s’agisse de 15 ou 16 ans. Une frontière d’âge unique, aussi rassurante soit-elle politiquement, peine donc à refléter la diversité réelle des maturités et des usages[8], et gagnerait à être complétée par un accompagnement individualisé à l’utilisation raisonnée des réseaux sociaux.

L’exemple australien : un premier bilan à prendre avec prudence

L’Australie, pionnière en la matière avec son Social Media Minimum Age Act entré en vigueur fin 2025, offre un premier terrain d’observation, même s’il est encore tôt pour en tirer des conclusions définitives. Une étude observationnelle publiée en 2026 a suivi 408 des 436 adolescents interrogés au départ[9]. Ses résultats interrogent l’efficacité immédiate du dispositif : plus de 85 % des participants de moins de 16 ans déclaraient encore utiliser, lors du suivi, des plateformes visées par la loi, majoritairement via leur propre compte (54 à 68 % selon les cas). Parmi eux, 66 % rapportaient avoir été confrontés à une vérification d’âge, le plus souvent par simple déclaration (24 à 39 %) ou par l’envoi d’un selfie (13 à 27 %). Des stratégies de contournement étaient également rapportées, notamment l’usage d’un compte « fictif » (15 à 19 %) ou l’accès via un navigateur privé (6 à 11 %).

Entre le début de l’étude et le suivi, l’usage quotidien des réseaux sociaux est resté stable chez les 12-13 ans, a légèrement diminué chez les 14-15 ans (de 78 % à 69 %), et a même augmenté chez les plus de 16 ans (de 80 % à 89 %). Le temps passé quotidiennement sur ces plateformes est resté globalement stable pour les 12-13 ans et les plus de 16 ans, mais a légèrement baissé pour les 14-15 ans. En clair : malgré l’ambition du texte de retarder l’accès des adolescents aux réseaux sociaux et de réduire les risques associés, les auteurs concluent que peu d’éléments montrent, à ce stade, une réduction substantielle et immédiate des usages. Ils soulignent toutefois que les effets d’une telle mesure pourraient se renforcer avec le temps, ce qui justifie une évaluation à plus long terme avant de juger de sa réussite ou de son échec. Un enseignement qui invite à la prudence, côté français, avant de présenter l’interdiction par l’âge comme une solution mécaniquement efficace.

Quand les réseaux sociaux nourrissent la lecture et l’écriture des jeunes

Opposition systématique lecture et écrans

Une interdiction totale prend aussi le risque de jeter, avec l’eau du bain algorithmique, des pratiques qui donnent précisément envie aux jeunes de lire et d’écrire. Des travaux récents, notamment fondés sur des entretiens collectifs avec des adolescents, tendent à montrer que les pratiques numériques ne s’opposent pas à la lecture mais lui sont au contraire intégrées, et viennent nourrir le plaisir de lire plutôt que le concurrencer[10], une conclusion qui vient directement mettre en doute l’idée reçue et toujours répandue d’une opposition frontale entre écrans et lecture. Il suffit de regarder comment sont généralement interprétés les résultats du Centre national du livre (CNL) par les médias[11] pour mesurer à quel point les écrans sont systématiquement présentés comme les adversaires de la lecture, alors que les jeunes s’engagent avec elle différemment des générations précédentes. Dans ce sens, l’étude de 2024 du pass Culture déterminait que 61 % des jeunes qui déclaraient lire pour leurs loisirs passaient également plus de trois heures par jour sur des écrans[12].

Développement de nouvelles compétences

De manière évidente, les réseaux sociaux participent aux recommandations entre pairs[13], mais pas seulement : les univers de fiction contemporains sont de plus en plus interconnectés, et les jeunes peuvent s’y engager aussi bien en tant que lecteurs et lectrices (par exemple via les wikis de fandom ou des ouvrages tirés de ces univers), qu’en tant qu’auteurs et autrices (comme à travers la fanfiction)[14]. Ces univers sont parfois si densément reliés entre eux qu’il peut devenir difficile d’apprécier pleinement un contenu sans avoir au préalable lu un autre média de fiction dont il est issu[15].

Ce brouillage des lignes entre différents médias amène les jeunes à développer de nouvelles compétences. Une étude menée sur des adolescentes pratiquant l’écriture de fanfictions inspirées de mangas et d’animes montre que cette activité mobilise simultanément plusieurs compétences (comme la multimodalité et l’intertextualité)[16]. Les travaux de Rebecca Black en 2019 ont exploré la façon dont les jeunes qui apprennent l’anglais (ELL), grâce à leur engagement dans les technologies numériques et les médias populaires, développent le type de compétences qui ont été identifiées comme cruciales pour une participation efficace dans une société de plus en plus mondialisée et orientée vers la technologie, et mobilisent des formes complexes de littératie pouvant servir de ressources précieuses pour l’apprentissage en classe[17]. Ce constat rejoint les conclusions du programme européen TRANSLITERACY, qui a recensé plus de 200 compétences transmédiatiques développées par les adolescents de huit pays en dehors du cadre scolaire[18].

Un aspect communautaire qui parle

Enfin, la dimension communautaire propre aux réseaux sociaux pousse les jeunes à s’engager avec les apports d’autres lecteurs et lectrices et à apporter, à leur tour, leur propre contribution à un édifice collectif. Alors que les réseaux comme BookTok et Bookstagram sont souvent présentés comme de simples plateformes de recommandations, ils sont aussi le lieu d’échanges, des espaces démocratisés qui offrent aux lecteurs adolescents une capacité d’agir, un sentiment d’appartenance et des compétences numériques leur permettant de donner forme à leur voix, à leurs idées et à leur créativité[19]. Il s’agit aussi d’un lieu d’apprentissage social autour des livres et de la lecture : certains chercheurs s’appuient sur le concept de « pédagogies entre pairs » pour analyser la manière dont le hashtag #BookTok est utilisé afin d’inviter les passionnés de livres et de lecture à adopter une posture d’apprenant[20].

Les réseaux sociaux participent à l’économie du monde du livre

Sur un plan purement économique, il a été démontré en France et à l’international que les réseaux sociaux avaient un fort impact sur le développement de l’envie de lire chez les jeunes ainsi que sur les ventes de livres. En 2022, la Publishers Association (Grande Bretagne) déclarait que deux tiers des jeunes de 16 à 25 ans interrogés avaient développé une passion pour la lecture grâce à BookTok et aux influenceurs littéraires[21]. Selon Circana Bookscan, un service de suivi qui surveille les ventes de livres imprimés aux États-Unis, environ 59 millions de ventes de livres imprimés ont été attribuées à BookTok en 2025, contre 46 millions d’exemplaires en 2023. Cela signifie que BookTok a représenté environ 8 % de l’ensemble des ventes de livres imprimés aux États-Unis en 2024[22]. En France, il reste difficile de quantifier l’impact précis des réseaux sociaux sur les ventes de livres, mais des signaux concordent : l’envol des ventes de certains livres en librairie suite à la viralité d’un ouvrage sur les réseaux, ou encore une hausse du chiffre d’affaires des éditeurs de 12,4 % entre 2020 et 2021, au moment où le mouvement #BookTok a commencé à prendre de l’ampleur. Dans une période où le monde de l’édition et des librairies est en crise, ce phénomène n’est certainement pas à négliger.

Top 3 des références culturelles (catégorie Livres) citées par les jeunes utilisateurs du pass Culture en juin 2026 (source : études pass Culture). La New Romance (Twisted Love) and la Dark Romance (Trouble Maker) sont particulièrement populaires sur les réseaux sociaux.

Quelques pistes pour avancer

Plutôt qu’une interdiction générale, plusieurs pistes, déjà documentées, permettraient de mieux concilier protection des jeunes et préservation de ce que les réseaux sociaux peuvent apporter à leur rapport à la lecture et à l’écriture.

Il s’agirait d’abord de distinguer, au sein même des réseaux sociaux, ce qui capte l’attention pour la disperser de ce qui la capte pour la remettre au service de la lecture et de l’écriture (comme les communautés de lecteurs, les fandoms, les recommandations entre pairs, etc.). Sans dédouaner entièrement les plateformes, évidemment, il faut aussi ne pas diaboliser tous les aspects des réseaux sociaux et parvenir à en identifier les facettes positives. C’est sans doute moins l’interdiction en elle-même que la capacité des politiques publiques à encourager les usages qui nourrissent la lecture, tout en régulant ceux qui la fragmentent, qui déterminera si la lecture et l’écriture des adolescents en sortent renforcées ou affaiblies.

Cela suppose ensuite d’éduquer et d’informer sur l’utilisation des réseaux sociaux et sur ses dérives possibles (impacts sur la santé mentale, désinformation, discours masculinistes, harcèlement…) tout en maintenant un dialogue ouvert avec les jeunes, et de privilégier un apprentissage progressif de l’autorégulation plutôt qu’une coupure nette à un âge donné[23].

Du côté des professionnels (enseignants, professeurs documentalistes, éducateurs, animateurs), un accompagnement dédié aux pratiques numériques qui ont fait leurs preuves pour stimuler la lecture et l’écriture chez les jeunes reste largement à construire. Il est notamment possible de s’appuyer sur les outils numériques pour engager les jeunes dans ces pratiques, en présentant des plateformes comme Instagram ou TikTok comme des études de cas. C’est d’ailleurs une piste de plus en plus explorée par la recherche qui s’intéresse aux manières d’articuler réseaux sociaux et lecture en contexte scolaire[24]. Intégrées aux enseignements de français ou d’éducation aux médias, ces séances permettraient d’ouvrir la discussion sur ce que l’on considère comme relevant de la « lecture » ou de la « littérature » en classe, et de reconnaître les jeux vidéo narratifs ou la fanfiction comme des supports de lecture à part entière, au même titre que les œuvres plus classiques. Le soutien à la parentalité complète naturellement ce dispositif, les parents étant souvent démunis face à des pratiques numériques qu’ils maîtrisent mal.

L’influenceur Maxime Biaggi a créé en 2025 son bookclub virtuel. En un mois, il a réuni plus de 53 000 membres sur Instagram. Son premier live sur Twitch, réunissant 80 000 internautes, a permis aux lecteurs et lectrices d’échanger et débattre à propos de l’ouvrage lu (L’incendie de Wajdi Mouawad), ses thématiques abordées, le choix du titre etc. Des internautes peuvent être vus en train d’organiser une « watch party » (séance de visionnage) de l’adaptation en film par Denis Villeneuve. Cette vidéo a actuellement plus de 100 000 vues sur Youtube. Aujourd’hui, le bookclub compte 91 000 personnes sur Instagram. (source de l’image : Maxime Biaggi 2.0 sur Youtube)

Enfin, il paraît nécessaire d’adopter une vision plus holistique de la lecture pour mieux interroger les jeunes sur leurs pratiques réelles. Les travaux de Schoonens montrent qu’en entretien collectif, les adolescents peinent souvent à reconnaître certaines de leurs pratiques comme relevant de la « lecture », celles-ci ne correspondant pas à la définition traditionnelle du terme[25]. Le constat était similaire pour l’écriture dans une étude de Lecture Jeunesse en 2023 : les adolescents ont tendance à sous-estimer, dans leur auto-évaluation, la fréquence à laquelle ils écrivent, car les critères implicites qu’ils mobilisent excluent de fait une grande partie de leurs écrits : plus courts, plus informels ou moins codifiés que ceux pratiqués à l’école. Cette étude questionnait des pratiques qui ne sont pas traditionnellement intégrées dans des enquêtes de ce type, comme la fanfiction, les TikToks, une trame de vidéo, etc. En effet, ces normes implicites biaisent fortement les premières réponses, et c’est seulement en élargissant les références proposées aux adolescents, pour qu’ils se reconnaissent eux-mêmes comme des « scripteurs », que les résultats sur leur pratique de l’écriture apparaissent nettement plus élevés : jusqu’à 92 % des personnes interrogées finissent par identifier des pratiques d’écriture, occasionnelles, quotidiennes ou quasi quotidiennes, un résultat où le numérique joue un rôle loin d’être marginal[26].

Conclusions

Le premier bilan australien invite à la prudence quant à l’efficacité réelle d’une interdiction par l’âge, tandis que les recherches sur les pratiques de lecture et d’écriture des jeunes rappellent que les réseaux sociaux ne sont pas seulement des menaces ces pratiques, mais aussi, pour beaucoup d’entre eux, des espaces où leur rapport à la lecture et à l’écriture se construit et se réinvente. Plutôt qu’une coupure nette, une régulation fine (de la conception des plateformes jusqu’à l’accompagnement éducatif et parental) semble la voie la plus susceptible de protéger les jeunes sans les priver de ce que ces espaces peuvent leur apporter.

Pour aller plus loin


[1] Proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux, n°2024-813

[2] Florian Chaaban, « Pourquoi l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans reste un casse-tête en France et en Europe », 2026, Toute l’Europe.

[3] Amy Orben, « The Sisyphean Cycle of Technology Panics », 2020, Perspectives on Psychological Science, 15(5), 1143-1157.

[4] Markus Appel et al., « Are Social Media Ruining Our Lives? A Review of Meta-Analytic Evidence », 2019, Review of General Psychology, 24(1), 60-74.

[5] Olivia Roth-Delgado, Thomas Bayeux, « Santé mentale des adolescents : les réseaux sociaux amplifient les troubles observés hors ligne, en particulier chez les filles », 2026, The Conversation

[6] Arnaud Leparmentier, « Au procès de Meta, la firme de Mark Zuckerberg accusée d’avoir ciblé les enfants et minoré les dangers d’Instagram », 2026, Le Monde

[7] Florian Chaaban, « IA : la Commission européenne alerte sur des images sexuelles de mineurs générées par Grok », 2026, Toute l’Europe

[8] Evan Giret, « Réseaux sociaux : quel est leur impact réel ? », 2024, The Conversation

[9] Courtney Barnes et al., « Assessing early effects of Australia’s Social Media Minimum Age Act on adolescents’ social media use: observational study », 2026, BMJ

[10] Amy Schoonens, Michael Dezuanni, « Moving In and Out of Reading: Teens Talking About Books, Digital Games, Social Media and Fanfiction », 2026, Journal of Adolescent & Adult Literacy 69, pp. 1-13

[11] « Les jeunes passent dix fois plus de temps sur leurs écrans qu’à lire des livres, révèle une étude » (BFM, 2026, Le Figaro, 2026) ; « Sous l’influence des écrans, les Français se détournent de la lecture » (Télérama, 2025) ; « Les écrans vont-ils remplacer les livres ? » (BFM, 2025) ; « Les jeunes passent beaucoup plus de temps sur leurs écrans qu’à lire, et ça ne va pas en s’arrangeant » (Huffpost, 2024)

[12] « Les jeunes et la lecture », 2024, pass Culture

[13] L’étude 2026 du CNL indiquait que plus de la moitié des lecteurs-loisirs de 16-19 ans choisissent un livre après en avoir entendu parler sur internet, mais cela concerne aussi déjà un tiers de la tranche 13-15 ans (Alice Tétaz, Alexandre Leray, « Les jeunes Français et la lecture – résultats 2026 », 2026, Centre national du livre)

[14] Amy Schoonens, Michael Dezuanni, op. cit.

[15] Voir par exemple le témoignage d’un jeune joueur de Genshin Impact (9 ans) qui estime que la lecture du manga officiel donne une meilleure compréhension du scénario et améliore la compréhension des personnages et de l’histoire. Des éléments du manga sont mentionnés dans le jeu à travers des dialogues, et, selon lui, « si on n’a pas lu le manga, on ne pourra pas autant comprendre [le jeu] » (Amy Schoonens, Michael Dezuanni, op. cit. pp.8)

[16] Kelly Chandler-Olcott, Donna Mahar, « Adolescents’ anime-inspired « fanfictions »: An exploration of Multiliteracies », 2003, Journal of Adolescent & Adult Literacy 46(7), pp. 556-566

[17] Rebecca W. Black, « English-Language Learners, Fan Communities, and 21st-Century Skills », 2009, Journal of Adolescent & Adult Literacy 52(8), pp. 688-697 ; Rebecca W. Black, « Online Fan Fiction and Critical Media Literacy », 2009-2010, Journal of Computing in Teacher Education 26(2), pp. 75-80

[18] Carlos A. Scolari, « Beyond the myth of the « digital native » », 2019, Nordic Journal of Digital Literacy 14(3-4), pp. 164-174

[19] Sarah Jerasa, Trevor Boffone, « BookTok 101: TikTok, Digital Literacies, and Out-of-School Reading Practices, 2021, Journal of Adolescent & Adult Literacy 65(3), pp. 219-226

[20] Michael Dezuanni, Amy Schoonens, « #BookTok’s Peer Pedagogies: Invitations to Learn About Books and Reading on TikTok », 2024, Social Media + Society 10(4)

[21] Publishers Association, « The BookTok generation: How social media is transforming Gen Z reading habits », 2022

[22] Sarah Pusser, « BookTok: A literary marketing echo chamber », 2025, The Chronicle (Duke University)

[23] Voir notamment les réactions de Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives et directeur du Laboratoire de Psychologie du Développement et d’Education de l’enfant (LaPsyDÉ, Université Paris Cité/CNRS), au sujet de l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans (sur le site de l’Université Paris Cité).

[24] Sitg-Börje Asplund et al., « Sharing is caring: young people’s narratives about BookTok and volitional reading », 2024, Language and Eudcation 38(4), pp 635-651 ; JuliAnna Ávila, « #MultimediaResponse: Instagram as a Reading Activity in a University English Class », 2021, Journal of Adolescent & Adult Literacy 64(5), pp. 531-541 ; Nafeesa Rahman, Jen Scott Curwood, « Teaching with TikTok: leveraging social reading cultures through #BookTok », 2025, Teaching Education 37(1), pp. 1-20

[25] Amy Schoonens, Michael Dezuanni, op. cit. pp.10

[26] Christine Mongenot, Anne Cordier, « Les adolescents et leurs pratiques de l’écriture au XXIe siècle : nouveaux pouvoirs de l’écriture ? », 2023, INJEP et Lecture Jeunesse

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