Inséparables

Sarah Crossan

Grace et sa sœur siamoise s’apprêtent à faire leur entrée au lycée car leurs parents, accablés par les frais médicaux nécessaires aux soins de leurs filles, ne peuvent plus assurer l’école à la maison. Le roman versifié est apparu il y a quelques années dans la littérature jeunesse anglo-saxonne et a vite trouvé son public. Est-ce si surprenant, vu le goût de la jeunesse pour les textes des rappeurs ? Depuis 2016, le genre fait aussi florès en France grâce à Clémentine Beauvais qui, non contente d’avoir écrit Songe à la douceur (Sarbacane), a traduit Inséparables avec un bonheur certain. Le roman, doux-amer et marquant, se dévore. Sarah Crossan insuffle à son texte, avec talent et en peu de mots, une émotion constante au fil des courts chapitres en vers blancs extrêmement faciles à lire. La voix de Grace, directe, honnête, lucide, dessine en creux le portrait de sa sœur Tippi, moins raisonnable. Même si quelques clichés gâchent un peu la fin, ils seront noyés dans les larmes du lecteur. Le titre est couvert de prix anglo-saxons, tout comme le précédent livre de l’auteur, Swimming Pool, également en vers et bientôt traduit par Clémentine Beauvais aux éditions Rageot.

Clara Delmas & lu et conseillé par Marion Carlier, Christelle Gombert et Pauline Wabant

Sur un ton humoristique, le roman expose une situation aussi incroyable que bouleversante : comment réussir à vivre son intimité alors qu’aucune émotion, aucun geste n’est caché à l’autre ? L’auteur soulève en même temps une réflexion de fond sur l’identité et sur la gémellité, sans mièvrerie.

Cécile Robin

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