J’adore

Mieko Kawakami

Deux enfants solitaires d’une douzaine d’années, marginalisés à l’école, se rapprochent l’un de l’autre. Mugi vit avec sa mère, astrologue, et avec sa grand-mère paralysée depuis une attaque cérébrale ; il s’exprime par le dessin. Hegatea est quant à elle élevée par son père, critique de cinéma. Déjà cinéphile, elle invite souvent Mugi à regarder des films, et rejoue pour lui une scène culte de fusillade avec Al Pacino. Peu à peu, une amitié s’instaure entre eux. Leur situation familiale commune a certainement favorisé la connivence – lui est orphelin de père, elle a perdu sa mère. Discrétion, pudeur ou éducation japonaise, le sujet n’est jamais abordé entre eux. Lors d’une recherche sur internet, Hegatea découvre par hasard un lourd secret de famille qui l’éloigne de son père. Écrit dans un langage simple, à la première personne, le roman entre dans l’imaginaire de l’enfance sans que jamais la démarche ne paraisse artificielle. Les narrateurs préadolescents prennent la parole alternativement. L’analyse psychologique des personnages évoque leur passage difficile à l’âge adulte. Le texte mélancolique est émaillé de pointes humoristiques, de réflexions tantôt graves, tantôt naïves. Ce roman pourra plaire en particulier aux passionnés de culture japonaise. Le livre bénéficie d’une surprenante couverture qui correspond bien au texte et interpellera les grands adolescents.

Cécile Robin

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