La Casati : la muse égoïste

Vanna Vinci

L’excentrique marquise italienne Luisa Casati Amman vécut pendant la première moitié du XXe siècle entre l’Italie, son pays natal, et Paris. Luisa et sa soeur Francesca perdent leurs parents lorsqu’elles sont adolescentes et se retrouvent détentrices de l’une des plus grandes fortunes italiennes. Au fil de ses rencontres et voyages, celle qu’on surnomme « La Casati » pénètre dans le milieu de l’art, en devenant à la fois muse et mécène. Loin des convenances et grande adepte de la démesure, elle dilapide sa fortune en multipliant les réceptions mondaines, les dépenses luxueuses en châteaux, ameublements, vêtements et est familière des frasques en tout genre. Se considérant elle-même comme une oeuvre d’art, elle se teint les cheveux en rouge ou vert, se maquille les yeux de plus en plus noirs et se promène dévêtue dans les rues, escortée de guépards et de serpents… Dans les années 1930, endettée et démodée, la marquise voit ses biens vendus et se terre à Londres jusqu’à sa mort en 1957. La vie étonnante de cette femme qui monopolisait l’attention a été un peu oubliée, ne laissant de traces que dans les tableaux dont elle fut modèle. C’est pourquoi la bande dessinée prend le ton du reportage pour mener l’enquête sur cette marquise pas comme les autres, sorte de Lady Gaga de la Belle Epoque. L’histoire prend un peu de légèreté en résonance avec l’exubérance de son héroïne, appuyée par le dessin coloré et libre de l’auteure. Une lecture passionnante sur la destinée d’une femme hors norme.

Hélène Gadé 

0 Commentaire

This site is protected by wp-copyrightpro.com