Sommaire Les jeunes et les inégalités numériques

– Actes du colloque du 7 juin 2012 organisé par Lecture Jeunesse –

LECTURE JEUNE 143 | SEPTEMBRE 2012

Nouvelles cultures et institutions de transmission Article paru dans LJ n°133 par Sylvie Octobre, chargée d’études au Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture
Les jeunes générations (les 15-25 ans) sont nées dans un monde dominé par les médias et ont grandi avec les technologies de l’information et de la communication apparues dans les années 80. L’expression « nouvelles technologies » n’a pas de sens pour eux puisqu’ils se sont approprié en même temps tous les objets médiatiques et tous les usages – de l’ancienne bureautique aux nouvelles messageries et outils de création (PAO, mixage, montage…). Ils sont des digital natives , dont l’aisance face aux technologies de l’information et de la communication les distingue des digital immigrants, contraints à un perpétuel effort d’adaptation. Le renouveau de leurs pratiques – fortement impulsées par les révolutions technologiques et leur rythme accéléré – semble creuser un abîme culturel entre cette génération et celles qui l’ont précédée. Symétriquement, émerge un discours « angéliste » et techniciste , vantant les mérites de la créativité naturelle des jeunes générations, leur aptitude à réinventer – si ce n’est « réenchanter » le monde. Qu’en est-il des rapports des 15-25 ans à la culture ? Article complet ici
Dans le cadre de son intervention, Christophe Aguiton a développé la notion de « créations identitaires » en axant son exposé sur deux points : tout d’abord, une typologie des plateformes relationnelles du web 2.0 qui s’organise autour des différentes dimensions de l’identité numérique et du type de visibilité que chaque plateforme confère au profil de ses membres. Il est revenu ensuite sur l’étude « Sociogeek », première enquête sociologique en ligne sur le web 2.0 qui explore les nouvelles formes d’exposition de soi sur les plateformes relationnelles du web 2.0 Article complet ici
Fracture numérique - Article paru dans la revue Communications, n°88, Cultures du numérique, mai 2011 par Fabien Granjon, sociologue, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8 Vincennes/Saint-Denis au sein de l’UFR Culture & Communication
De la même manière que « fracture sociale » est un syntagme « euphémisant » pour désigner le large répertoire des inégalités sociales, l’expression « fracture numérique » entend ramasser sous un même label un ensemble très hétérogène de situations mettant en lumière des différences plus ou moins marquées quant à l’utilisation des dispositifs de communication les plus récents (nous n’évoquerons ici que le cas des « fractures numériques » liées à l’informatique connectée). Disposer d’un ordinateur, d’une connexion Internet et les utiliser sont les deux dimensions généralement retenues permettant de repérer et d’analyser les cas de « fracture numérique ». Trop souvent, la diffusion des TIC est encore appréhendée comme un indicateur pertinent de son usage social effectif, ce qui relève d’un amalgame abusif qui a été soumis à de sévères critiques, notamment chez les auteurs qui s’intéressent à la « fracture numérique » dite « de second degré ». Article complet ici
Comment se manifeste la fracture numérique chez les jeunes ? par Gérard Valenduc, directeur du Centre de recherche de la Fondation Travail-Université (FTU, Namur,http://www.ftu-namur.org)
En Belgique, 17 % des jeunes âgés de 16 à 24 ans ne sont pas des utilisateurs assidus d’internet (tous les jours ou presque) et 3 % se connectent peu ou pas du tout. Toutefois, 33 % des jeunes de cette tranche d’âge estiment que leurs compétences concernant les usages des technologies de l’information et de la communication (TIC) sont insuffisantes par rapport aux exigences du marché du travail. Ces chiffres, extraits de l’enquête européenne sur la société de l’information témoignent d’un décalage entre, d’une part, la grande familiarité des jeunes avec Internet et, d’autre part, les compétences en matière de TIC que le monde économique et les pouvoirs publics attendent d’eux. À la demande du Ministère fédéral belge de l’Intégration sociale et dans le cadre du plan national de lutte contre la fracture numérique, la Fondation Travail-Université a étudié les inégalités dans l’accès et dans les usages d’internet chez les jeunes de 16 à 25 ans. Article complet ici
Le numérique, levier de prévention de l’illettrisme par Elie Maroun, chargé de mission national à l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) depuis 2003.
Comment utiliser les technologies de l’information au travail, en société, dans sa vie privée lorsqu’on ne maîtrise ni la lecture, ni l’écriture ? Comment, dans ces conditions, chercher, recueillir et diffuser de l’information de manière autonome ? Comment utiliser de façon adaptée et pertinente le numérique pour apprendre et renouer avec la lecture, l’écriture et le calcul ? Ces questions se posent aujourd’hui avec d’autant plus de force que les outils numériques n’ont jamais été aussi présents dans notre vie quotidienne. Article complet ici
Le numérique et les publics en situation de précarité. Entretien avec Marion Liewig par Anne Clerc, rédactrice en chef de la revue Lecture Jeune et formatrice.
Chargée du programme d’inclusion au numérique pour l’Agence Nouvelle des Solidarités Actives (ANSA), Marion Liewig conduit dans plus d’une dizaine de villes des projets d’innovation sociale numérique à destination des publics en situation de précarité. Elle dresse pour Lecture Jeune un constat des inégalités d’accès au numérique chez les jeunes et donne des pistes pour la nécessaire évolution des structures d’action sociale et culturelle. Article complet ici
Les pratiques informationnelles des adolescents sur Internet par Karine Aillerie, chargée de mission à l’Agence nationale des usages des Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement (TICE).
L’appellation digital native, par opposition à digital immigrant, désigne la génération née à la fin des années 90. Le consultant Marc Prensky souligne que ces jeunes, en fréquentant assidument les écrans, auraient ainsi développé des capacités de raisonnement privilégiant les démarches inductives et aléatoires. Néanmoins, les études scientifiques démontrent que cette maîtrise « spontanée » des technologies de l’information et de la communication (TIC) est à reconsidérer. En effet, les jeunes connectés de manière intensive ne développent pas automatiquement des compétences techniques nécessaires à une tâche précise ou à un contexte donné . L’enquête menée à l’initiative de la British Library fut l’une des premières à établir clairement les difficultés des jeunes à rechercher ou à trouver l’information sur Internet et à affirmer l’insuffisance de la seule entrée générationnelle pour caractériser leurs pratiques informationnelles . Cette perspective a été celle de notre travail de thèse – sur lequel nos propos s’appuieront – mené en 2008-2009 à partir de 59 entretiens semi-directifs auprès de collégiens et lycéens âgés de 14 à 18 ans et disposant d’un accès à Internet (connexion à domicile et dans l’établissement scolaire). Article complet ici
Les compétences mobilisées par la lecture sur écran par Véronique Drai-Zerbib , docteur en Psychologie Cognitive, chercheur au Laboratoire des Usages en Technologie d’Information Numérique (Lutin) à Paris.
En 5000 ans, l’écriture et ses ressources ont connu de nombreuses métamorphoses. L’invention de l’imprimerie, rendant le livre et la connaissance accessibles à tous, était en son temps révolutionnaire. Dans les années 1980, l’apparition des écrans a généré les bouleversements actuels. Aujourd’hui, non seulement les supports de lecture (tablettes, liseuses, téléphones, etc.) se sont multipliés et sophistiqués, mais nous pouvons accéder à des données où que nous soyons et pour toutes sortes d’activités. En outre, l’évolution de la technologie a permis de miniaturiser ces outils électroniques qui nous accompagnent partout, nous transformant en lecteurs « nomades ». Les principales différences entre lecture sur papier et déchiffrage sur écran portent sur la présentation des documents devenue dynamique, hypertextuelle et multimodale en lecture électronique. Comment notre système cognitif parvient-il à s’adapter à ces changements ? La technique d’enregistrement des mouvements oculaires que nous utilisons au Laboratoire des Usages en Technologies d’Information Numérique (LUTIN, Cité des Sciences, Paris) permet de mener des recherches sur le fonctionnement des opérations mentales dévolues à la lecture. Comment parvient-on à repérer l’information pertinente et à trouver du sens, à établir une cohérence lorsque nous décodons des signes ? Mais surtout, comment le lecteur peut-il s’accommoder de la présentation multimodale du texte apparue avec les nouveaux formats de lecture alors que notre capacité cérébrale de traitement de l’information en simultané est limitée ? Article complet ici
L’adolescence à l’épreuve du virtuel. Entretien avec Michael Stora par Sonia de Leusse-Le Guillou, directrice de l'association Lecture Jeunesse et de la rédaction de la revue Lecture Jeune
Si la lecture sur écran sollicite de nouvelles compétences, les réseaux sociaux engendrent également des modifications dans la construction identitaire des adolescents. Comme le souligne Michael Stora, les jeunes internautes transforment les images, endossent des rôles – sous la forme d’avatars ou de pseudos – et se confrontent à leurs pairs dans les jeux vidéo. Une inquiétude peut émerger lorsque ces univers numériques ou autres mondes persistants permettent d’éviter la confrontation au réel avec toutes les désillusions qu’il comporte. Article complet ici
Le numérique au service des apprentissages pour les collégiens et les lycéens. Entretien avec Pascal Cotentin par Sonia de Leusse-Le Guillou, directrice de l'association Lecture Jeunesse et de la rédaction de la revue Lecture Jeune
A partir d’exemple d’usages en classe dans l’académie de Versailles, Pascal Cotentin montre que le numérique est un véritable levier de changement et un moyen d’agir sur l’avenir. Michael Stora (voir p.44) mentionnait la complémentarité du ludique — encore loin des conceptions pédagogiques scolaires — et de l’apprentissage. Pour Pascal Cotentin, il est nécessaire d’apprendre et d’enseigner autrement. Il s’agit désormais de se former, d’échanger, de collaborer, d’innover : tous les nouveaux métiers de demain exigent des compétences numériques. Il y a donc urgence à faire évoluer l’école pour que tous les élèves puissent réussir. L’égalité des chances nécessite d’innover et de diversifier les pratiques pédagogiques. Article complet ici
La médiation numérique en bibliothèque. Entretien avec Silvère Mercier par Anne Clerc, rédactrice en chef de la revue Lecture Jeune et formatrice.
Web éditeur et chargé de médiation numérique à la Bibliothèque Publique d’Information (BPI), Silvère Mercier se présente comme un « bibliothécaire engagé pour les libertés à l’ère numérique et la libre dissémination des savoirs ». Convaincu de la nécessité d’introduire les TIC au sein de la bibliothèque, il expose ses idées sur son blog Bibliobsession. Anne Clerc l’a interrogé sur la formation des bibliothécaires au numérique. Article complet ici

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